Catheline Vilain
- 1180 - Uccle

Catheline Vilain

Les contrastes rêveurs de Catheline Vilain

 

Comme souvent, c’est par le milieu familial, les proches, qu’ont percolé en Catheline Vilain le goût du dessin et de la peinture. Elle les a toujours pratiqués, sauf pendant ses études de médecine trop absorbantes. Aujourd’hui pédiatre, spécialiste des maladies génétiques, elle a repris depuis quelques années le pinceau dans le petit atelier qu’elle partage avec Nala, le chien de la famille. Aux murs, des dessins de… ses enfants et des œuvres de son père aquarelliste. Avec une mère prof de dessindevenue ensuite décoratrice, spécialisée dans les tissus d’ameublement, et une sœur coloriste, il est clair que l’environnement a joué un rôle. Goûts et influences aussi bien sûr, d’abord avec Hopper et Hockney, Bonnard et Vuillard. Des peintres qui, dans des registres très différents, plus dur chez Hopper et Hockney, plus tendre pour les deux autres, ont en commun la magie secrète d’une lumière qui semble n’appartenir qu’à eux. Catheline Vilain a la sienne, souvent d’un soleil étrange,  cru. Un de ces soleils qu’on a l’hiver à la Côte, rasant et aveuglant, mais qui silhouette les ombres des feuilles comme si c’était l’été. Belle technique orientée hyperréalisme au service de ce surréalisme suggéré: “C’est vrai, dit-elle, le contraste lumière-ombre introduit une touche de mystère mais mesurée, je ne veux pas trop me détacher de la réalité, il faut que cela reste plausible.” C’est chez Nancy Seulen, à La Roseraie, que Catheline s’est formée pendant trois ans. Elle y reprend ses cours cette année, pour faire évoluer sa technique. 

 

Une construction lente et attentive

Elle travaille en construisant ses tableaux d’après photo, sans se presser. Sur l’écran de sa tablette, les photos de ses sujets sont quadrillées pour permettre de sélectionner le meilleur cadrage du tableau. Pour les personnages, elle choisit souvent une amie, ou alors elle-même, avec sa chevelure vénitienne très identifiable. Mais pas sous forme d’auto-portrait, plutôt comme vecteur des histoires qu’elle choisit de raconter: “J’ai envie de dire quelque chose de différent dans chaque toile. Alors, je mélange l’esthétique de l’image et ce que je veux dire, avec des personnages qui regardent ailleurs, absorbés dans leurs pensées…” Sur une des toiles, elle a ainsi représenté deux fois une amie, dans un dialogue entre un côté plus sombre et un autre, plus positif.   “Je voudrais aller à présent vers moins de réalisme, une plus grande douceur comme chez le Danois Vilhelm Hammershoi, que j’adore”, dit-elle. Joli programme. S.P. 

Catheline Vilain exposera du 14 mars au 14 avril 2019, chez MobileArt, 19, rue Xavier De Bue.

www.mobileart.be