Irène Tytgat
34, avenue de l'Aulne - 1180 - Uccle

Irène Tytgat

Irène Tytgat: des mille-feuilles de soleil, d’écume et de patience

 

Carte de visite

Evidemment, son nom ne vous est pas inconnu: Irène est la petite-nièce du peintre Edgard Tytgat. Son père, lui, était tisserand d’art et sa marraine réalisait des tapisseries de haute lisse. Autant dire que, baignant dans un milieu très artistique, elle a toujours dessiné et peint pour le plaisir, en autodidacte – sans en faire d’abord son activité principale. Licenciée en kinésithérapie – “peut-être parce que j’ai toujours adoré avoir un contact physique, toucher les choses et les gens” –, elle a exercé ce métier pendant quatorze ans et, aussi, fait de la danse classique pendant vingt années, “jusqu’à ce que mon corps crie grâce”. Ce n’est qu’à l’âge de 45 ans qu’elle a entrepris de se former au dessin, puis à la gravure, à l’Académie de Braine-L’Alleud. Elle en suit toujours l’enseignement et y ajoutera l’année prochaine un cycle de six ans de cours d’art du verre: “Je ne m’arrêterai jamais d’apprendre, c’est stimulant de voir d’autres artistes, le contact est toujours enrichissant et chaque nouvelle technique maîtrisée interfère d’un art à l’autre.”

 

Jusqu’à douze kilos

Dans son petit atelier, face à son jardin de l’avenue de l’Aulne, Irène fabrique elle-même la pâte à papier colorée qu’elle pressera en feuilles, une par une: le matériau de ses œuvres. Tout ici est recyclage, depuis les déchets de papier à dessin qu’elle récupère à l’Académie pour les déchiqueter et les faire tremper, jusqu’à la presse artisanale que son mari lui a bricolée avec un cric de voiture. C’est en 2007, lors d’un parcours d’artistes à Court Saint-Etienne, qu’elle s’est découvert une passion tactile pour ce papier fait main, rugueux, vivant, plein d’accidents et de surprises. Si la matière première est banale, les couleurs dont elle l’imprègne ne le sont pas, elles éclatent de lumière et de chaleur. Oranges vifs et rouges évoquant le soleil, bleus marine et turquoise qui parlent de l’océan qu’elle aime, elle a mis longtemps à obtenir ces radiances dont elle garde la composition secrète. Comme dans la chanson de Régine, les petits papiers parlent tout seuls sous ses doigts, les œuvres, souvent circulaires ou assemblages de carrés et de rectangles, naissent sans l’ombre d’une influence de qui que ce soit. Chacune d’elle réclame de la part de l’artiste une infinie patience, il lui faut découper des milliers de petits morceaux de papier pour en faire une œuvre aux dégradés subtils. Ses grands cercles sont des rubans assemblés en commençant par le centre, à l’instinct, sans aucun guide. Elles les monte souvent sur plexiglas, pour permettre de les pendre à un mur. Le plus grand d’entre eux pèse douze kilos! Dans les expositions d’Uccle centre d’Art, auxquelles elle participe régulièrement, ils ont une présence réelle, presque physique. Et pas mal de succès: “Je les vends bien, une chance! Sinon, je ne saurais plus où les mettre…” S.P.

www.irenetytgat.be