Maggy Demoulin, peinture
Rue Langeveld, 40 - 1180 - Uccle

Maggy Demoulin, peinture

Un somptueux magnolia pour horizon au-delà de la terrasse et, autour de sa grande maison qui réclame tous ses soins, un vaste jardin auquel elle consacre beaucoup d'attention: cela suffirait à occuper une grand-mère. Pas Maggy Demoulin. Aussi souvent que possible, elle plonge littéralement dans son atelier au sous-sol; en réalité des caves, dans le mur desquelles son mari a fait percer des fenêtres, en mettant de ce côté le jardin à niveau. Là, elle travaille tout en baignant dans cette nature qu'elle aime tant et qui lui fournit une bonne part de ses sujets. Pas tous, cependant, à voir les toiles qu'elle empile contre les murs et les grands dessins qui s'entassent dans des fardes. Pas mal de sujets vivants, dont des nus féminins, témoignages d'abord de ses deux années à l'Académie des Beaux-Arts de la rue du Midi, quand elle avait 17/18 ans. "A 23 ans, j'étais mariée, mon mari ne voulait pas que je le quitte pour suivre des cours du soir, j'ai donc attendu la quarantaine pour apprendre la peinture à l'huile avec Nicole Dubuisson, à l'Académie d'Uccle..." Elle n'a jamais cessé d'apprendre et de chercher, conservant la fraîcheur et la curiosité des esprits toujours en éveil.

Une peinture florale

Depuis des débuts très classiquement figuratifs, elle a beaucoup évolué, allant dans plusieurs directions, sans jamais renier les influences majeures qu'ont été pour elle Turner et Zao Khi. Ainsi, au mur de son atelier, un paysage à la manière de Nicolas de Staël est une expérience qu'elle rééditera probablement, tentée qu'elle est par de plus en plus d'abstrait: "J'ai envie de peindre des paysages rêvés, qui ne soient pas vivants..." Et c'est déjà ce qu'elle fait, mais de façon beaucoup plus féminine, esquissant d'une plume légère, vaporeuse, des jardins et des compositions florales qui paraissent naître d'une brume qui se condenserait. Ce ne sont pas des aquarelles, mais des encres au lavis, diluées, dont la gradation des couleurs suit subtilement le cycle des saisons. Maggy Demoulin y passe du carmin au rose et du bois au noir avec une ravissante finesse. "Comme une sonate annuelle en quatre mouvements, une promenade initiatique et mémorielle où le regard, davantage que la voix, aura eu son mot à dire" écrivait joliment le collectionneur et critique Michel Van Lierde. La prochaine saison sera belle encore, on parie? S.P.